[ Épisode 1 ] La première malterie auvergnate en cours de gestation

Lucile Comptour déploie toute son énergie et sa motivation pour faire émerger la première malterie de la région. Rencontre avec la jeune femme qui espère ouvrir son local en octobre prochain.

 

Le malteur intervient  en amont du travail du brasseur qui a besoin de la plante du houblon et de malt pour fabriquer sa bière (lire cet article pour découvrir comment on fabrique une bière).  Si l’Auvergne compte une petite trentaine de brasseries artisanales, aucune malterie à l’horizon. Lucile Comptour a décidé de pallier ce manque en ouvrant sa propre malterie dans le Puy-de-Dôme en octobre prochain.

 

C’est quoi le malt  ?

Le malt est produit à partir d’orge ou de blé. On fait germer l’orge dont la graine sera séchée et touraillée (sorte de torréfaction) dans une malterie. Selon le degré de torréfaction, le malt sera plus ou moins foncé, fort et donnera à terme des bières blondes, rousses, ambrées ou noires.

 

> L’orge une matière vivante 

La jeune femme explique son choix : « Je nourris mes chevaux avec mon orge germé, c’est la base du maltage. Un jour mon père m’a dit, tu n’as plus qu’à malter et la boucle sera bouclée ! ». En discutant avec un ami brasseur, Lucile découvre qu’il existe peu d’offres en malterie locale, hormis en Ardèche, Bretagne et dans le Tarn. Le projet de créer sa propre malterie germe petit à petit avec son envie de produire quelque chose de ses mains « Je suis d’une famille d’agriculteurs, avec mon mari on fait partie d’un jardin collectif, on est des enfants de la terre. »

Lucile prend son père au mot et se tourne vers un ami agriculteur qui cultive de l’orge brassicole bio. « J’ai fait mes premiers essais avec son orge brassicole. Avec mon mari on a malté dans la cuisine. C’est un mélange entre le travail du petit chimiste et des recettes de cuisine, parce que l’orge est une matière vivante qui réagit différemment selon les températures et de nombreux autres paramètres. »

 

Et voici un échantillon de mon malt ! Vivement le mois d’octobre, que tout démarre !

Publié par La Malterie des Volcans sur vendredi 24 mars 2017

 

 

Déjà titulaire d’un BTS en technologie végétale, la jeune femme décide de parfaire sa technique à l’Institut français de la brasserie et de la malterie (IFBM) à Nancy. Un cursus qui valide définitivement son envie. « Sortie de cette formation, je me suis dit “c’est ce que je veux faire !” »

> Un matériel optimal pour travailler seule

Ne restait plus qu’à trouver le lieu pour abriter son projet. C’est chose faite depuis quelques semaines. La future productrice a jeté son dévolu sur un bâtiment de 360 m2 dans la Zone des Coustilles à Saint-Germain-Lembron (Puy-de-Dôme). Les bases sont bien plantées, mais Lucile est au four et au moulin. Sélection des produits,  business plan, présentation du projet, stratégie de communication, prospect des clients,  formation (aux principes de maltage, utilisation du matériel, etc.) la jeune femme ne laisse rien au hasard. Jusqu’au choix de ses outils, déterminé par le fait qu’elle produira seule.  « Je prévoirai un quai de chargement pour pouvoir porter les sacs et les palettiser. »

> Le financement

Il s’agit  maintenant de trouver un silo pour stocker l’orge, une cuve pour effectuer le premier cycle de trempe, une aire de germination pour l’orge et une touraille pour faire sécher l’orge. Le tout pour un budget de 100.000 euros, sans compter les 30.000 euros de trésorerie. La jeune malteuse a prévu un apport personnel de 10%, obtenu un soutien du réseau social et solidaire Les Cigales, de l’ARDTA (accompagnement terrain, technique et relationnel) et compte sur les différentes aides de la région et de l’Europe.

« Mes premiers clients seront les Auvergnats professionnels et amateurs »

Lucile veut avant tout travailler avec la trentaine de brasseurs professionnels auvergnats et s’étendre aux départements alentours tels que la Saône et Loire, la Nièvre, le Cher, la Corrèze, la Creuse et Haute-Vienne. « Je proposerai également du malt à façon* pour les brasseurs qui pourront apporter l’orge qu’ils cultivent. Soit on est brasseur, soit on est malteur, on fait rarement les deux. Malteur c’est un travail plus méticuleux, minutieux sur le travail de la température, de l’hygrométrie, la gestion du temps. »

Les agriculteurs pourront aussi apporter leurs propres céréales (sarrasin, avoine, blé, autres que orge) pour les faire malter. Un service qui s’étendra également aux brasseurs amateurs qui auront tout loisir d’acheter leur malt au poids. Des brasseurs amateurs que Lucile a bien l’intention de rencontrer de plus près lors du prochain Festibière les 6 et 7 mai prochains.

► Malterie des Volcans – Lucile Comptour Tél. 06 80 18 50 22 – lucile.comptour@gmail.com. Sur Facebook @lamalteriedesvolcans.

(*) À façon : en faisant le travail sans fournir la matière première (définition du Larousse).

Sylvie Pallot

Une réponse

  1. ► Lire l’épisode 1  – La première malterie auvergnate en cours de gestation

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