Les vins No Control produits en biodynamie

A l’heure des vendanges, le vigneron Vincent Marie nous explique sa philosophie de la biodynamie et de la vinification naturelle sur ses terres volvicoises aux cépages gamay.

 

C’est l’heure des vendanges ! Les grappes de raisin frétillent au lieu-dit Le Lac, dans la commune de Volvic (63), à la perspective de se métamorphoser en un nectar digne des vins naturels d’Auvergne. Vincent Marie s’affaire dans ses vignes scrutées par le château de Tournoël. Sous les rayons automnaux, des perles de sueurs gouttent sur le front du trentenaire besogneux qui fait glisser sa cyclo-brouette sur le sol sablonneux de son cépage gamay du beaujolais, planté voilà 40 ans. L’objectif, ramasser au plus vite les caisses du raisin récolté et trié par des saisonniers appliqués sur ses 5.000 m2 de vignes.

J’aime boire du vin naturel, je veux produire du vin naturel.

 

Chaque grappe est séparée de son sarment à la main. « Cette technique respecte l’intégrité physique du raisin. Pas une goutte de jus ne coule. Il n’y a donc aucun risque d’oxydation.» Le principe est posé. Vincent Marie explique passionnément, tout en continuant à charrier ses caisses, que son vin est bio de la racine à l’estomac. « Je ne veux pas me bousiller la santé avec des herbicides et pesticides. J’aime boire du vin naturel, je veux produire du vin naturel, exprimer le terroir auvergnat. Je travaille ma vigne en biodynamie, dans le respect du vivant, du végétal, de la terre et de la santé ».

 

Objectif certification bio et Demeter – Les vins No Control sont en cours de certification bio pour 2017 et Demeter pour 2020.

 

La terre, le raisin au naturel, la biodynamie, ok, mais ça signifie quoi exactement ? Il s’agit par exemple d’aider le sol à « mieux vivre en développant des micro-organismes par la pulvérisation de bouse de corne préparée. Ladite bouse de corne est le résultat d’une “fermentation dans le sol durant la période hivernale, de bouse de vache de qualité qui a été introduite dans des cornes de vaches.” L’humus devient matière organique qui se décompose pour aérer la terre et offrir à la vigne de la vie réelle qui nourrit les plantes, lesquelles nourrissent à leur tour la vigne.

 

Pourquoi No Control ?  On pourrait s’imaginer que Vincent Marie a choisi de baptiser son chai No Control pour illustrer la biodynamie, l’osmose avec le terroir, le lâcher prise par rapport à la nature qui reprend ses droits. C’est une version qu’il valide !
Mais No Control c’est surtout le nom de l’album de son groupe de punk-rock américain préféré Bad religion. Parce que le vigneron féru de sons rocailleux cherche toujours « un rapport entre la musique et le terroir ».
Son logo aux bulles rassemblées en tête de mort illustre cette osmose entre ses deux passions. Le nom de ses vins exprime également sa volonté de fusionner le rock et les vins auvergnats. Son rosé pétillant nommé « Bullete dans ta tête » pourrait nous faire penser aux bulles qui nous montent à la tête, ou rendre hommage au morceau « Bullet in your head » du tout premier album du groupe de rock Rage against the machine.
Son vin rouge Magma Rock est un gamay qui s’épanouit sur la roche granitique, magmatique et plutonique de la parcelle de Beauregard Vendon. Un millésime rockeux qui s’exprime sur des terres rocheuses !
Et Rockaille Billy ? Une analogie entre le sommet du coteau de Volvic et ses gros rochers (rochaille en patois auvergnat). De là à ce que la rochaille se transforme en un rouge Rockaille Billy, il n’y avait qu’un saut d’évidence !

 

Le vigneron au look de rockeur en short explique : « On travaille aussi en fonction des positions planétaires, lunaires, rien de mystique, seulement du bon sens paysan transmis par les anciens. » Et d’ajouter : « Parce que sans raisin bio, on ne peut pas faire une vinification naturelle. » Et Vincent tient plus que tout à rester dans cet esprit naturel pour « préserver l’identité du terroir auvergnat. » Au risque d’accepter la complexité aromatique de chacun de ses millésimes, sans aucune standardisation.

> La vinification naturelle, une histoire de levure

Comment une vinification naturelle peut-elle se distinguer d’une vinification traditionnelle ? Entre autres par les souches de levure. Pour faire simple, la levure oeuvre dans une cuve pour fermenter le sucre du raisin qui se transforme en alcool. Vincent explique qu’en « vinification traditionnelle, il s’agit de sélectionner une souche de levure qui prendra le dessus sur toutes les autres souches déjà présentes et qui provoquera à coup sûr la fermentation. Alors qu’en vinification naturelle on laisse le hasard faire son oeuvre et choisir laquelle parmi la centaine de souches déjà présentes fermentera le sucre spontanément. »

Par exemple, le gamay ramassé lors de ces dernières vendanges suivra son cycle naturel pour amorcer par lui-même sa fermentation en l’espace d’environ 48 heures, et la poursuivre pendant 8 à 10 jours. Une fois ce délai passé, le raisin restera trois semaines en cuvaison jusqu’au décuvage qui verra apparaître le jus du raisin naturellement pressé par son propre poids. C’est ce qu’on appelle le jus de goutte. Vincent tient à mélanger ce jus de goutte au reste du jus obtenu après le pressage. « Ce mélange c’est un peu la tête et les jambes de mon vin. »

> Du marketing à la vigne, de la Normandie à l’Auvergne

Débarqué tout droit de sa Normandie après une expérience professionnelle dans le webmarketing, ce néo-rural tel qu’il se décrit, a fait le choix d’une vie au vert, après avoir obtenu son BTS de viticulture et oenologie décroché en Alsace. Oui mais pourquoi faire autant de kilomètres pour devenir vigneron ? « J’ai bu des vins naturels auvergnats de qualité que j’ai aimés. Cette région volcanique possède des terres sableuses granitiques riches en scories basaltiques, et en argile verte grâce aux dernières coulées de lave qui confèrent une saveur riche aux gamays. Je suis d’ailleurs souvent étonné que les Auvergnats soient aussi réticents à boire le vin de leur région. Partout ailleurs le vin auvergnat connaît un vrai succès. Il est même à la mode au Japon ! »

Texte et photos Sylvie Pallot

 

Où trouver les vins No Control à Clermont-Ferrand ?

– Au restaurant-cave le Saint-Eutrope (4, rue Saint-Eutrope).
– À la boucherie Durif (7, rue Saint-Genès).
– À la fromagerie Nivesse (23, place Saint-Pierre).

Dégustation au cheix sur rendez-vous.

► Contacter Vincent Marie : Lieu-dit le Lac 63530 Volvic.
e-mail : contact@vin-nocontrol.fr
Tél. 06 64 23 50 22.

►Sur le web : http://www.vin-nocontrol.fr/

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