Maraîchage bio – Balade pédagogique au Pré du Puy

Les élèves de CP et CE1 de l’école primaire de Châtel-Guyon ont découvert la production maraîchère bio du Pré du Puy à Cébazat, dans le cadre du projet pédagogique construit autour du thème du gaspillage alimentaire, en compagnie de l’association Anis Etoilé.

« On marche au bon endroit, sinon on va devoir resemer ! » Alexandra Brun, directrice de l’école primaire Jeanne d’Arc de Châtel-Guyon lance le mot d’ordre aux élèves qui déambulent enthousiastes au coeur des terres maraîchères bio du Pré du Puy.

Découvrir la culture bio

L’objectif de cette journée au vert est de découvrir en compagnie de Gabriel le propriétaire des lieux, la pratique de la culture de légumes bio. Les enfants suivent leur guide au gré de ses explications, plongent leurs mains dans la terre, jouent aux apprentis jardiniers et goûtent avec gourmandise les herbes aromatiques, carottes, salades, épinards, radis et autres navets.

C’est quoi cette plante ?

Gabriel explique le mécanisme de semence des graines qui font un premier séjour au coeur de petits cubes de terre, prennent de la force (dixit notre spécialiste dans un langage accessible à nos chérubins !) avant d’être plantées dans les champs.

Direction la serre, que l’on pourrait baptiser couveuse, où les enfants doivent deviner quel légume peut bien se cacher derrière ces petites pousses en rangs d’oignons. Les doigts se lèvent. Les réponses fusent, souvent pertinentes. Fenouil, potimaron, courges, céleri sont démasqués. « C’est du thym ! ça sent bon ! » lance Savannah. Son petit camarade d’expédition goûte une autre plante. « Je l’ai sur le bout de langue ! Ah oui du persil ! »

Pourquoi une serre ? « Parce que ça sert à faire du chaud tout simplement ! » Une autre question ? La petite troupe est déjà repartie traîner ses bottes dans la terre. La pluie s’en mêle, mais ne tarit pas l’enthousiame des écoliers qui courent se réfugier dans une seconde serre où poussent des plants de tomates.

Quelques secrets révélés

Gabriel le maraîcher explique que les fils bleus qui partent des pieds de tomates servent à diriger la pousse et à faciliter la cueillette. Pourquoi ces oeillets d’Inde à côté des tomates ? Parce que ce sont les copines des jardiniers ! Elles attirent les abeilles et facilitent donc la pollinisation. Et le basilic ? Un exhausteur de goût pour les futures tomates !

Les élèves ont préparé leurs questions posées à Gabriel par maîtresse Anne-Marie.
– Combien de fois il faut arroser les tomates ?
– Une fois par semaine.
– Où prenez-vous l’eau pour arroser ?
– Dans l’eau du puits.

Et hop on repart. « Monsieur y’a plein de fourmis dans la terre ! » C’est normal les fourmis adorent manger le caca des pucerons que l’on appelle miellat. Et les pucerons adorent sucer la sève des plantes. Donc il y a plein de fourmis dans les plantes ! La solution naturelle pour éradiquer ces fourmis est de déposer des coccinelles sur les plantes pour qu’elles mangent les pucerons.

On écoute, on ramasse, on savoure

« Allez en avant les petits jardiniers » lance Gabriel complice. Ici le maraîcher leur fait goûter des carottes, là des radis. Maîtresse Anne-Marie lance à la volée : « Ramassez-bien toutes les feuilles des radis, comme ça on fera une bonne recette avec ces fanes. »

Plus loin c’est le navet jaune qui fait l’objet de la dégustation en pleine terre. C’est bon ? « Oui c’est doux !  » savoure Manon.

Le Pré du Puy, un projet de vie

Gabriel est ravi de partager son métier avec tous ces écoliers. Le Pré du Puy c’est son projet de vie avec sa compagne Maria. Gabriel a grandi à Paris. Il a beaucoup voyagé, a découvert l’agriculture en Afrique traversée à vélo pendant 2 ans 1/2, est rentré à Paris et s’est dit qu’il ne pouvait plus y vivre en accord avec lui-même. Résultat le globe-trotteur s’est expatrié à Clermont où résidait son seul ami non parisien !

Entre temps le jeune homme a croisé sa compagne Maria dans le sud. Maria, allemande, a fait des études de commerce à Paris, et de développement durable sur sa terre natale. Gabriel et Maria ont envie de construire leur avenir, leur famille en apportant leur petite motte au terreau du développement durable. C’est décidé ils cultiveront la terre de Limagne qu’ils considèrent comme « la meilleure d’Europe » pour son humidité et sa richesse végétale.

Cultiver bio, une philosophie de vie

De formations au lycée agricole de Marmilhat en stages dans des exploitations allemandes ultra-modernes, Gabriel s’aguerrit et mûrit son projet. Les opportunités de la vie présentent au couple ce terrain maraîcher de Cébazat. Les amoureux se lancent en 2012 dans leur projet de culture bio. En 2014 le Pré du Puy obtient le label Ecocert pour ses 3,7 hectares.

Maria racontre, passionnée : « Cultiver en bio est une véritable philosophie de vie qui commence par la rotation des cultures. Il s’agit de tout un respect de l’environnement, de l’eau, des animaux qui vivent dans les champs. Nous avons par exemple planté des haies tout autour du terrain pour redonner un habitat aux animaux qui se transforment en auxiliaires de jardin et assurent un équilibre naturel des terres. Si les terres sont en bonne santé, les plantes qui y poussent aussi. »

Les petites bébêtes auxiliaires de jardin

Les enfants ont pu découvrir toute cette petite faune qui vit au Pré du Puy, grâce aux explications de Nathalie Gregoris de l’association Anis étoilé. Munis d’une boîte loupe, les écoliers sont partis découvrir la vie cachée derrière une exploitation. Et sont rentrés ravis avec leurs araignées, fourmis, cloportes, escargots, abeilles et autres insectes. Maxime observe, concentré, son trophée du jour, un coléoptère capricorne et s’exclame « Ya plein d’animaux intéressants ! ».

Redonner de la valeur à l’aliment

Nathalie leur explique combien tous ces animaux ont une fonction importante pour la vie du sol. A l’instar de ces petites larves prêtes à éclore qui jouent un rôle précieux dans le compostage de la terre.

« Avant d’arriver dans votre assiette, l’aliment nécessite le geste du jardinier, l’action de l’abeille qui pollinise, de la larve de carabe qui mange les limaces, du hérisson qui se nourrit des escargots friands de salade. » Et d’expliquer la corrélation entre tous ces insectes, toute cette faune derrière le travail du jardinier : « Quand on jette un aliment, c’est tout le travail des insectes qu’on jette, toute l’eau utilisée, tout le labeur derrière la production d’un légume ».

Gageons que tous ces chérubins verront d’un oeil nouveau les carottes, navets et autres légumes dans leurs assiettes, après avoir découvert et savouré tous ces trésors cueillis à même la terre !

Contacter le Pré du Puy

Adresse : Le Pré du Puy 80, bis Route de Gerzat 63118 Cébazat Contacts : Maria Ahrens 06.61.12.34.39 / Gabriel Fenaille 06.03.85.89.09 Mail : lepredupuy@gmail.com

Sylvie Pallot

 

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