Un flot de sève de bouleau régénérante

Producteur de fruits rouges homologués Nature et Progrès, Adrien Durand récolte également de la sève de bouleau à l’orée du printemps. Un élixir naturel qui se targue de partager ses vertus détoxifiantes et revitalisantes.

 

La petite quarantaine Adrien Durand a le regard clair et le cheveu en bataille. D’un rythme tranquille le producteur de fruits et de plantes aromatiques nous guide au volant de sa camionnette réfrigérée vers son jardin secret. Une forêt de résineux et de bouleaux en plein coeur du parc des volcans du Livradois Forez. En chemin, un indice. Quelques saules marsault aux fleurs dorées en pleine floraison signalent que c’est le moment de récolter le précieux nectar. La sève de bouleau, tout juste avant l’apparition des feuilles de cette arbre.

Je ne pasteurise pas la sève pour préserver son caractère vivant et ses qualités nutritives intactes.

Nous sommes à 1.100 mètres d’altitude, dans le secteur de la commune du Monestier. C’est la dernière parcelle bichonnée par Adrien qui a déjà butiné quelques troncs au gré des altitudes. La récolte a commencé voilà plus de deux semaines à Auzelles perché à 650 mètres pour se poursuivre à Aydat lové à 850 mètres.

Adrien Durand fait un petit trou dans le bouleau pour y insérer un tuyau en plastique alimentaire sans phtalate qui permettra à la sève de s’écouler dans le seau. (Photo Sylvie Pallot)

Arrivé au point clé, le cueilleur de sève plonge à l’arrière de son véhicule pour récupérer quelques seaux. Le voilà qui s’enfonce dans le bois communal mis à disposition par le maire du Monestier. Quelques pas suffisent, glissés sur le tapis d’humus. Quelques branches récalcitrantes évitées et la forêt s’éclaircit parsemée de bouleaux. Certains sont affublés d’un sac blanc qui entoure une petite partie de leur tronc. « Ça permet de protéger la sève qui s’écoule dans le seau. Elle contient un faible taux de sucre qui pourrait fermenter rapidement si on ne la protège pas des rayonnements du soleil. C’est pour la même raison que je positionne les trous au nord de l’arbre. »

Parce qu’il faut bien un trou pour laisser le liquide nourricier s’écouler en toute quiétude. « Mais juste un petit » précise Adrien pendant qu’il remplace avec dextérité le seau qui accueillera la récolte du lendemain à travers un tuyau en plastique alimentaire sans phtalate. Une entaille que le récoltant bouchera avec précaution à l’aide d’un tourillon de noisetier trouvé dans les bois. « J’ai fait plusieurs tests peu concluants avant de trouver ce bois qui est tendre et cicatrise bien. C’est impossible de mettre des jeunes pousses de bouleau trop en hauteur pour les atteindre. »

 

 

La mention Nature et Progrès

Adrien Durand a fait le choix de faire certifier tous ses produits (fruits, plantes aromatiques et sève de bouleau) par Nature et Progrès. « Je n’utilise aucun produit de synthèse pour cultiver mes fruits. J’ai même planté des haies pour nourrir la biodiversité. Je fais attention à l’énergie utilisée pour être autonome au maximum. En ce qui concerne la sève de bouleau, je choisis mes sites de récolte suffisamment éloignés des routes. Je veille à ce qu’il n’y ait  pas d’élevages, ni d’activités industrielles en amont des parcelles de récolte. Je me renseigne également sur la présence potentielle d’anciens résidus telles que les décharges. Il y a une dimension sociale, un cahier des charges exigeant de la biodiversité. Le principe est de vendre localement dans des emballages en carton recyclé, avec des étiquettes labellisées imprim’vert. Il s’agit également de participer à la vie de la fédération Nature et Progrès. Les certifications sont effectuées par des équipes d’enquêteurs rassemblant des producteurs et consommateurs adhérents, tous sensibilisés à l’agro-écologie. On se rencontre entre producteurs, on partage nos pratiques, on fait vivre le tissu local. »

 

> Une cure de sève détoxifiante

La veille il a fait très chaud, la sève a circulé à flot dans les entrailles du bouleau pour s’offrir aux futurs consommateurs. Aujourd’hui et pendant encore une semaine, Adrien va prélever plus de 3 litres par arbre sur un total de 18, soit l’équivalent d’environ 18 à 20 cures détox pour cette seule journée. Aussitôt arrivé chez lui, le récoltant va conditionner la sève à l’abri de l’oxygène dans des bag-in-box de 3 litres. « Je ne pasteurise pas la sève pour préserver son caractère vivant et ses qualités nutritives intactes. Il faudra ensuite la conserver au frais entre 2°C et 4°C et la consommer dans le mois à compter du jour de récolte. »

L’aspect limpide et translucide vaut à la sève d’être également baptisée « eau de bouleau ».

 

Il semble effectivement conseillé de faire une cure de trois litres au total, à raison d’un verre quotidien de 10 cl le matin à jeun. La sève aurait des vertus détoxifiantes, reminéralisantes et revitalisantes. Adrien Durand explique que son « action drainante sur les reins et le foie permet une évacuation des toxines accumulées. » Outre cet effet de grand nettoyage, la sève riche en vitamines, minéraux (calcium, magnésium, potassium), oligo-éléments, anti-oxydants, serait une précieuse source de vitalité au sortir de l’hiver. Prêts à tester ?!

 La Sève des volcans, Le mas du bost 63520 Saint-Jean des Ollières – 09.83.01.46.67 / 06.37.86.04.07 – a.d@no-log.org www.lasevedesvolcans.net

Sylvie Pallot

Où trouver la sève de bouleau d’Adrien Durand ? 

Livraison après récolte le soir-même ou le lendemain matin, dans les AMAP d’Issoire, de Bien-Assis à Saint-Genès-Champanelle, Romagnat et Ceyrat, à la Biocoop de Cournon, L’Eau Vive à Clermont, Biaujardin à Gerzat, l’Orange bleue à Billom. Prévente sur internet.

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