Une ferme urbaine au coeur de Clermont

Une ferme urbaine vient de sortir de terre en plein Clermont. Un îlot collaboratif et pédagogique voué à la production de fruits et légumes, de graines, de plants, de paniers repas et de plantes aromatiques tout en respectant les principes écologiques de la permaculture, agro-écosystème naturel.

Une terre laissée à l’abandon, une friche urbaine clermontoise nichée rue du Pavin entre Beaumont et Chamalières, à deux chaussures de marche de l’avenue de La Libération. C’est ici que la toute jeune ferme urbaine de Clermont rêve de prendre racine sur un terreau solidaire.

C’est Laurent Rohr qui a fait surgir de terre ce rêve social, environnemental, citoyen, pédagogique et agricole nourri du partage. Cet ancien journaliste, cofondateur de Radio Campus Clermont en 1996, est parti en 2000 travailler à Bruxelles sur les sujets de l’agriculture et du développement durable, avec la casquette d’assistant parlementaire de Danielle Auroi. Cinq ans plus tard, l’amoureux du vert s’installe en Lozère et passe le brevet professionnel de responsable d’exploitation agricole. L’envie de rentrer à Clermont et sa préoccupation grandissante pour la permaculture le propulsent face aux élus clermontois en 2016 pour leur proposer son concept de ferme urbaine. Affaire conclue, Clermont Agglo met un terrain à disposition de l’association pour les dix prochaines années. Quelque 3800 m2 dédiés à l’expérimentation de la permaculture, avec une seconde parcelle de 1200 m2 qui recevra le public dans un futur espace de vie, voire une guinguette.

La ferme du Bec Helloin en Normandie, un exemple de travail en permaculture dont s’est inspiré Laurent Rohr pour son projet.

Du petit potager à la ferme comestible

Si dans un premier temps, la ferme envisage de commencer en douceur en cultivant des légumes locaux de base, l’avenir verra apparaître une forêt jardin comestible, avec une mare, des roseaux, des batraciens, un refuge pour hérissons, des poules, un potager en mandala, des containers pour champignons, pour endives, des carrés potagers pour les familles. Une maisonnette en pierres, équipée à l’avenir de panneaux solaires, abritera un four à pain. Un espace chaleureux où chacun pourra discuter de permaculture. Ce projet ambitieux s’appuie sur toutes les bonnes volontés qui voudront s’y greffer. « Clermont Co a financé le défrichage, à nos petites mains de faire le reste » s’exclame passionnée Tatiana, bénévole de l’association et étudiante en géographie environnementale.

Venu découvrir le jardin, Dimitri se projette dans l’aventure : « Pourquoi ne pas passer de temps en temps ? J’ai un terrain en zone naturelle et j’aimerais le transformer en potager. Ca m’intéresse d’apprendre les techniques écolos pour construire un muret en pisé. »

La parcelle, déblayée au printemps, est ouverte à tous les bénévoles qui aimeraient donner un peu de leur temps pour soutenir ce projet. © Photos Sylvie Pallot

Biner, gratter, clouer, semer, s’impliquer

Désherber, creuser la mare, bouger les cailloux, clouer des planches, mettre du grillage, c’est ça la vocation de l’association qui souhaite « permettre à chacun de trouver son compte en fonction de ce qu’il aime faire » renchérit Tatiana. A ses côtés, Laurent Rohr discute avec Christine, professeur en techniques horticoles, maraîchage et arboriculture au lycée agricole de Marmilhat. L’enseignante se voit déjà emmener ses élèves de terminale dans la ferme pour son projet pédagogique, concocté avec sa collègue de biologie entre novembre et mai : « il faut donner du sens à l’enseignement, si on fait de l’abstrait ça ne sert pas à grand chose. » Du concret, les élèves vont en avoir. L’enseignante et le responsable de l’association imaginent déjà travailler ensemble sur la réimplantation de variétés anciennes de fruits à partir de graines fournies par le verger conservatoire d’Ecully, à côté de Lyon.

La ferme urbaine de Clermont c’est ça : un espace collaboratif, alternatif et pédagogique avec de la graine de passion !

► Pour tout renseignement vous pouvez contacter Laurent Rohr via sa page Facebook ou par mail à laurent-rohr@yahoo.fr

Sylvie Pallot

Une réponse

  1. BOUSSAGOL Bruno dit :

    Salut, je suis ravi par ce projet et surtout cette réalisation. Bonne continuation. Il y a 40 ans, nous avions créé à Billom une sorte de phalanstère sous le nom de MILIEU DU MONDE. Il y avait un potager, un restaurant, une salle de spectacle, une buvette, une troupe de théâtre et une troupe de marionnettes. Malheureusement, nous n’avions aucune expérience et sous cette forme l’expérience a durée 3 ans. Puis toute la partie dite commerciale a fermé au « profit » de la partie artistique qui s’est développée pendant encore une dizaine d’années.

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